Dieu nous a décrit leur relation avec eux-mêmes : Ils sont modestes : « ceux qui marchent humblement sur terre ». Il nous a décrit ensuite leur relation avec les autres, en particulier avec les insolents ; ils sont pleins d’indulgence et de mansuétude : « qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : « Paix ». ». Puis, Il nous a décrit leur relation à leur Seigneur : « Qui passent les nuits prosternés et debout devant leur Seigneur ; Qui disent : « Seigneur, écarte de nous le châtiment de l’Enfer » car son Enfer est permanent. Quels mauvais gîte et lieu de séjour.  »
 
Puis, Dieu nous a décrit leur rapport à leurs biens ; un rapport de modération et de juste-milieu comme dans tous les domaines de leur vie : « Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni gaspilleurs ni avares mais se maintiennent au juste milieu. »
 
C’est ainsi que Dieu les a décrit dans ce qui relève des injonctions. Mais la religion est constituée d’injonction et d’interdiction, et si telles sont leurs qualités dans ce qui relève des injonctions et des orientations, voyons quel est leur rapport aux interdits.
 
C’est ce qu’évoque le verset suivant : « Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Dieu et ne tuent pas la vie que Dieu a rendu sacrée, sauf à bon droit ; qui ne commettent pas de fornication, car quiconque fait cela encourra une punition. » (25 :68)
 
Nous allons nous arrêter à la première partie du verset : « Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Dieu ». Ainsi, le monothéisme pur fait partie des qualités des serviteurs du Tout Miséricordieux. Il constitue même la plus importante de leurs qualités ; reconnaitre l’Unicité de Dieu ; qu’il n’est de dieu que Dieu. Par conséquent, ils « n’invoquent pas d’autre dieu avec Dieu ».
 
Ils ont donc adopté une attitude totalement différente de celle des idolâtres. Contrairement aux idolâtres, ils ne destinent pas leurs implorations à autre que Dieu, surtout que l’imploration « dou’a » est l’esprit de l’adoration. Plus encore, « l’imploration, c’est l’adoration » comme le déclare le Prophète (BDSL) (rapporté par Ahmed et at-Tirmidhi). En effet, Dieu dit : « Et votre Seigneur dit : « Implorez-Moi, Je vous répondrai. Ceux qui par orgueil, se refusent à M’adorer entreront bientôt dans l’Enfer, humiliés  » (40 :60). Dieu a utilisé le terme « imploration » pour désigner « l’adoration » et a utilisé le terme adoration » pour désigner « l’imploration ». L’imploration de Dieu est donc l’esprit même de l’adoration de la même façon que l’imploration d’autre que Dieu est l’esprit même de l’idolâtrie.
 
Aussi, « Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Dieu » signifie qu’ils n’adorent que Dieu, qu’ils ne sanctifient que Dieu, qu’ils ne se prosternent que devant Dieu et qu’ils n’implorent que Dieu.
 
Ils vouent exclusivement toute leur adoration et toutes leurs implorations de secours à Dieu. Ils ont parfaitement saisi le sens du verset : « C’est Toi Seul que nous adorons, et c’est Toi seul dont nous implorons secours » (1 :5). C’est-à-dire, nous n’adorons que Toi et nous n’implorons le secours d’autre que Toi. « Lorsque tu demandes quelque chose, demande-la à Dieu, et lorsque tu implores le soutien implore-le de Dieu » (rapporté par at-Tirmidhi).
 
Par ailleurs, il existe deux formes d’unicité : l’unicité de la seigneurie « tawhid ar-rouboubiyya » et l’unicité de l’adoration « tawhid al-oulouhiyya ».
 
L’unicité de la seigneurie :
Reconnaître l’unicité de la seigneurie de Dieu consiste à croire avec conviction et avec fermeté que Dieu est le Maître « rab » de toute chose et qu’il n’est de maître que Lui. Le terme arabe « rab » signifie le possesseur et l’administrateur. On dit « rab al-bayt », maître des lieux, lorsque celui-ci possède les lieux ou leur utilisation et en dispose librement. Reconnaître l’unicité de Dieu dans Sa seigneurie consiste donc à croire et à reconnaitre fermement que Dieu est unique par Ses actes. Il est l’unique souverain et Celui qui administre les affaires de Ses créatures. C’est Lui le Seul Créateur, le Roi absolu, Celui qui donne la vie, Celui qui la reprend, le Seul qui a le pouvoir d’attribuer un profit ou un dommage, Celui qui exauce les vœux, Celui qui donne et qui interdit, Celui qui détient l’ordre de l’univers. « La création et le commandement n’appartiennent qu’à Lui  » (7 :54)
 
En d’autres termes, l’unicité de la seigneurie de Dieu consiste à reconnaître que Dieu Seul détient le pouvoir absolu d’agir dans l’univers, qu’il s’agisse de la création, de l’administration, de la transformation, du pouvoir de vie ou de mort ou des autres actes. Nul ne s’associe à Lui dans la réalisation de Ses actions.
 
Les idolâtres arabes reconnaissaient cet aspect du monothéisme. Ils admettaient que Dieu étaient le Créateur des cieux et de la terre. Ils croyaient que Dieu était l’administrateur de l’univers et le dispensateur de tout bien comme l’indique Dieu dans les versets suivants : « Et si tu leur demandes qui les a créés, ils diront certainement : « Dieu » Comment se fait-il donc qu’ils se détournent ? » (43 : 87).
 
« Dis : « Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre ? Qui détient l’ouïe et la vue, et qui fait sortir le vivant et le mort et fait sortir le mort du vivant, et qui administre tout ? » Ils diront : « Dieu ». Dis alors : « Ne le craignez-vous donc pas »  » (10 : 31).
 
Mais cette reconnaissance ne les a pas empêchés d’associer à Dieu d’autres divinités adorant ainsi des statues de pierre ou de bois. Ils justifiaient cette idolâtrie en disant : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage de Dieu » (39 :3).
 
Ils ont fait l’erreur de comparer le Créateur à Ses créatures en disant que de même qu’on ne peut s’adresser à un roi qu’en ayant recours à des intermédiaires, on ne pourrait s’adresser à Dieu qu’en faisant intervenir des intercesseurs. Ils disaient : « Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès de Dieu  » (10 :18).
 
 Alors que l’islam est venue bannir tout intermédiaire entre Dieu et Son serviteur ; entre le Créateur et la créature.
D’ailleurs, la plupart des gens ne nient pas la seigneurie de Dieu ; ne nient pas le fait que Dieu soit le Créateur de l’univers. Leur incroyance résulte du fait d’adorer autre que Lui, de désigner des intercesseurs ; des intermédiaires entre Dieu et l’homme.
 
C’est pour cette raison que la reconnaissance de l’unicité de la seigneurie de Dieu est une condition nécessaire à la foi mais pas suffisante. La reconnaissance de l’unicité de la seigneurie ne dispense pas de la reconnaissance du deuxième aspect du monothéisme, à savoir, l’unicité de l‘adoration.
 
L’unicité de l’adoration :
L’unicité de l’adoration consiste à croire que Seul Dieu mérite d’être adoré. Reconnaître l’unicité de l’adoration c’est vouer tous les actes d’adoration exclusivement à Dieu.
 
La reconnaissance de l’unicité de l’adoration est fondée sur la sincérité dans toutes les formes d’adoration au sens que toute adoration qu’elle soit externe verbale telle que l’imploration ou physique telle que la Prière, le jeûne, le Pèlerinage … ou interne telle que l’amour, la crainte, l’espoir, la gratitude, le « tawakkoul » … doit être destinée exclusivement à Dieu.
 
C’est pour l’établissement de cet aspect du monothéisme que Dieu à envoyer les messagers et a fait descendre Ses livres faisant ainsi de l’unicité de l’adoration le centre de Son Message.
 
Dieu dit « Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, pour leur dire : « Adorez Allah et écartez-vous du taghout (toute fausse divinité)  » (16 36), « Et Nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager à qui Nous n’ayons révélé : « Point de divinité en dehors de Moi. Adorez-moi donc  » (21 : 25).
 
Dieu nous dit que Ses Messagers Nouh, Houd, Salih et Shou’ayb ont tous transmis à leurs peuples respectifs cette parole : « Ô mon peuple ! Adorez Allah. Vous n’avez pas d’autre divinité en dehors de Lui » (23 : 23 ; 11 :61 ; 7 :65).
 
Telle est la conception du monothéisme en islam. L’unicité de Dieu est le cœur de la religion musulmane ; la quintessence de l’islam. Mais comme les choses se définissent par rapport à leurs opposés, il est nécessaire, pour bien saisir le sens de l’unicité de Dieu, de connaître les différentes formes d’idolâtrie et de polythéisme. Ce sera le sujet du prochain sermon inch’Allah.
 
Moncef Zenati – Sermon du vendredi
Série Les qualités des serviteurs du Tout Miséricordieux (7)

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