La douce parole

Dans une avidité de liberté de conscience, la religion demeure une des sources de nourriture d’esprit, de tranquillité du corps mais aussi de l’intellect. La religion, en vérité, est une simple manière d’être et de rester humain.
 
Elle est une approche de l’Homme, de son intérieur, afin de ne pas perdre confiance, de garder le lien, de se mettre et remettre en question pour s’adapter aux fluctuations du temps et de l’espace et enfin d’aimer pour autrui ce qu’on aime pour soi même.
 
Il y a là une invitation à prendre conscience de son propre besoin, de son insuffisance, de son ignorance, de sa faillibilité et de ses limites pour s’enrichir par l’autre. Cependant, l’autre n’est pas le miroir de soi, une équation du don et du reflet qui va et revient, du son qui se répand et qui fait écho.
 
L’Homme est un être très complexe, il est à la fois très intelligent et fort et ignorant et faible ; il change avec le changement et se mêle au mélange, comme il coule et fond tout en étant solide.
 
L’Homme, dans sa nature, cherche à faire alternance de la fracture et de la réconciliation avec lui-même car il est à la fois l’autre. Cette alternance dérive de l’appréciation des quatre saisons, humaines et naturellement terrestres :

  • les espoirs tombent et c’est l’automne
  • à l’épreuve et au revers, c’est l’hiver
  • tant qu’on se donne le temps, c’est le printemps
  • dans l’insouciance et la gaieté, c’est l’été

 
Aborder l’Homme de l’intérieur, c’est le pousser d’avantage vers l’extérieur et non se l’accaparer, il y a là toute une habilité et une habileté de la religion pour lui permettre de communiquer, d’échanger et de partager. Une religion qui permet à l’Homme d’être son centre d’intérêt, elle fait de lui aussi un gérant responsable de sa vie.
 
Cette religion est l’Islam, un mode de vie inné et purement naturel, qui préfère que les Hommes soient convergents plutôt que convertis. Au lieu de s’entêter à emprunter le même chemin, embrasser l’Islam, c’est se fixer un objectif commun. L’Islam préfère pour chaque Homme qu’il soit averti et vertueux car, donner à la vie un sens permet la croissance.
 
C’est par cet Islam que la qualité des relations que l’on noue nous fait reconnaître qu’il y a du bien et du beau en nous. Mais, qui sommes nous ? Enfants d’Adam et Eve, notre famille est l’humanité, quel rêve ! Cet Islam acquis sans porter de glaive.
 
Permettez moi alors de vous en citer un signe : « Ô vous qui avez cru, soyez entièrement pour la paix et ne prenez point le chemin du diable car il est certes, pour vous, un ennemi déclaré. » (Coran 2/208)
 
D’où le fait que l’Islam appelle à la fraternité humaine et lui donne un sens, et ce, en invitant les concurrents aux actes de convergence et au respect des règles de la divergence. C’est là une diversité donnant un sens à notre humanité et nous n’avons pas besoin, pour la voir et la comprendre, d’être des diplômés d’université !
 
Allah dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. Dieu est certes Omniscient et Grand-Connaisseur. » (Coran 49/13)
 
La fraternité dans ce sentier, c’est renoncer à une part de liberté pour gagner une part d’amitié et d’humanité. « Dis-moi que tu hais, je te dirai qui tu es. » Il y a là une fracture car, les vérités prouvées se dressent contre les vérités éprouvées ; la fracture nous rappelle que nous sommes si fragiles parce que d’argile ! Elle annonce l’imminence de la réconciliation, une cicatrisation avant l’infection ; pour le croyant, c’est le pardon dans sa culture, qui est un appel au repentir. La conciliation est le temps nécessaire pour se reconstruire, une convalescence tant pour l’esprit, le cœur et le corps depuis la naissance.
 
La fraternité en Islam est la qualité des relations qu’on noue, jusqu’à ce que l’on reconnaisse mutuellement ce qu’il y a d’humain en nous. Les chercheurs d’humanité œuvrent entre dureté et pureté, entre asservissement et assouvissement, afin que, dans l’apaisement, les corps à corps cèdent place aux cœurs à cœurs. La fraternité est un investissement dans l’indulgence sans prétention de puissance.
 
C’est ce à quoi nous invite la prière, individuelle ou collective, elle nous apprend à rester debout face aux difficultés, à nous incliner devant la vérité et à nous prosterner pour réduire notre égo. Ce travail sur soi, tant épuisant, nous donne droit à un repos éternel bien mérité.
 
Ahmed Miktar
President des Imams de France

2 Comments

  1. salihbasic dit :

    salam alaykoum magnifique article j’aime beaucoup le style d’écriture rafiné mach’ ALLAH

  2. assane dit :

    très belle approche de l’essence de l’islam , que beaucoup n’ ont pas encore compris. Il s’agit en effet d’arriver à un niveau d’ état d’esprit qui fera de nous des exemples sans avoir à faire voir ce que l’on est . Et c’est cela véritablement le seul but de l’islam puisque après on devient positif dans tout. Baaraka ALLAAHOU fiykoum

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