Elections en Birmanie et sort des Rohingyas

Elections en Birmanie et sort des Rohingyas

Les élections législatives ont eu ce dimanche 8 novembre en Birmanie.
 
En pleine transition démocratique, l’UOIF se réjouit des avancées politiques au service du peuple birman.
 
Cependant, l’UOIF ne peut qu’exprimer sa très grande inquiète face au silence terrible de tous les partis politiques sur le sort inhumain des Rohingyas.
 
Cette minorité musulmane qui compte entre 800 000 et 1,3 million personnes est privée des droits les plus élémentaires.
 
Un rapport de la Commission Européenne d’avril 2015 rappelle qu’« ils ne peuvent pas voyager sans autorisation, ni travailler en dehors de leurs villages, ni même se marier sans l’autorisation préalable des autorités, et n’ont pas accès en suffisance à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation ».
 
Il y a quelques semaines, un rapport de l’université de Yale évoque l’existence de « solides preuves » permettant de dire qu’un génocide est en cours par le recours régulier à des violences de toutes sortes et qui visent à détruire la communauté Rohingya.
 
L’ONG Human Rights Watch parle quant à elle de crimes contre l’humanité  commis par les autorités birmanes, des membres de groupes arakanais et des moines bouddhistes en ayant organisé  « des attaques coordonnées contre des quartiers et des villages musulmans en octobre 2012, afin de terroriser la population et de la déplacer de force ». Par ailleurs, l’ONG relate la participation des autorités birmanes à la destruction de mosquées ainsi que la lancement de vagues d’arrestations violentes et au blocage des organismes d’aide humanitaire aux personnes déplacées.
 
Enfin, l’ONU explique qu’ « au cours des derniers mois, les Rohingya ont été privés de leur droit de vote ; leur liberté d’association a été réduite, ce qui les empêche de former ou de joindre des partis politiques ; et leurs représentants ne sont plus autorisés à se présenter pour des sièges au Parlement. »
 
L’UOIF appelle les futurs responsables politiques à rompre avec les reliquats de la dictature militaire représentés notamment par la loi de 1982 qui a instauré le statut d’apatride vis à vis des Rohingyas.
 
L’UOIF rappelle la nécessité pour la Birminie de prendre en charge cette question qui concerne son propre peuple et éviter ainsi l’enlisement d’un drame humanitaire inacceptable.
 
L’UOIF demande à l’Union Européenne et à l’ONU de faire pression sur la Birmanie afin que les Rohingyas recouvrent une citoyenneté et donc une existence politique.
 
Union des Organisations Islamiques de France,
La Courneuve, le 12 novembre 2015.

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